Un pont entre les années 1920 et 2020
Avec « Twenties », le groupe The Hookup explore l’idée d’un pont entre les années 1920 et les années 2020. Irrigué d’énergie, l’album séduit par les prestations inventives de Géraldine Laurent, François et Louis Moutin et Noé Huchard. Quatorze morceaux choisis parmi les standards des années 1920 sont réinterprétés par ces quatre musiciens français issus de générations différentes. Un pied dans le passé, un pied dans l’avenir… une belle réussite musicale.
Depuis plusieurs années, Géraldine Laurent (saxophone alto), François Moutin (contrebasse) et Louis Moutin (batterie) ont échangé au fil de rencontres scéniques dont la teneur les a poussés à aller plus loin. Leur rencontre avec le jeune pianiste Noé Huchard a ajouté une dimension supplémentaire à leur dynamique musicale.
Après plusieurs concerts, les artistes décident de créer un projet commun. Ainsi advient la naissance du groupe The Hookup. Ensemble, ils interrogent le sens du jazz contemporain et mettent en évidence l’absolue modernité des standards.
- « Twenties » par The Hookup
- The Hookup@Axelle du Rouret
Dans la perspective d’un premier album, les quatre musiciens choisissent et arrangent 14 standards des années 20 qu’ils projettent de jouer… un siècle plus tard, dans les années 2020. Ainsi, au fil des quatorze plages de « Twenties » (Jazz Eleven/Baco Distrib), le quartet The Hookup revisite des mélodies intemporelles d’hier en intégrant nouveautés et inventions actuelles.
Inscrit dans la modernité, « Twenties » témoigne d’une grande liberté créative. Les standards en sortent métamorphosés. Un jazz contemporain truffé d’improvisations inventives et d’audaces créatives.
Sorti le 28 février 2025 sur le label Jazz Eleven, l’album « Twenties » a été enregistré, mixé et masterisé au Studio Candelon, à Brignoles, par l’ingénieur du son Arthur Gouret. L’opus propose une relecture dynamique de la musique des années 1920.
Au fil des pistes
Le répertoire ouvre avec Ain’t Misbehavin’ composé par le pianiste Fats Waller et popularisé par la revue musicale Hot Chocolates crée à Broadway en juin 1929 avec Louis Armstrong en vedette. Au saxophone alto, Géraldine Laurent inscrit son discours dans les traces des grands be-bopers et hard bopers. Dans son improvisation, elle adopte un jeu à la fois fluide et incisif, véloce et flamboyant. On note aussi la sonorité ronde et opulente de la contrebasse de François Moutin, son jeu généreux et son phrasé vif. Au piano, le jeune Noé Huchard (26 ans) s’exprime dans un style qui ne manque ni d’originalité ni de puissance.
Sur After You’ve Gone, le quartet conserve le tempo modéré de ce foxtrot composé par Turner Layton et sorti en 1918. Le quartet accentue la mélodie sinueuse qui se pare d’Inflexions bluesy et de syncopes qui changent presque à chaque mesure. Après un solo de contrebasse d’une justesse inouïe et une lumineuse improvisation du pianiste, le saxophone alto fait entendre un phrasé parkérien parfaitement maîtrisé. Plus loin, la contrebasse expose à l’archet East St. Louis Toodle-Oo, la composition de Duke Ellington et Bubber Miley enregistrée en 1926 puis le piano se fait entendre et son chorus sonne dans le plus pur style « Jazz New-Orleans Dixieland ». C’est ensuite l’alto qui intervient et fait vibrer le titre de son jeu pétillant et étincelant. Au court d’un court solo, Louis Moutin régale l’oreille de la vaste palette de timbres de sa batterie.
C’est ensuite sur un tempo très rapide que le quartet prend Tea for Two, cette chanson d’amour composée par Vincent Youmans pour la comédie musicale No, No, Nanette créée à Broadway en 1924. Allongé dans la forme, le morceau se trouve dynamisé. L’altiste fait preuve d’une technique magistrale, d’une énergie inouïe et d’un lyrisme exubérant. Le pianiste n’est pas en reste et les frères Moutin semblent s’amuser tout en jouant avec énergie.
Le répertoire continue avec The Man I Love, de George Gershwin qui a figuré dans la comédie musicale de 1924, Lady Be Good. On savoure avec délice cette courte version du standard interprétée en duo par Géraldine Laurent et Noé Huchard. Délicatesse du piano, sonorité chantante et veloutée de l’alto dont le phrasé très mesuré est empreint de grâce. Écrit par Bertolt Brecht sur une musique de Kurt Weill pour la comédie musicale L’Opéra de quat’sous en 1928, Mack The Knife sert de tremplin au quartet qui en donne une interprétation musicale bouillonnante. Le jeu de l’altiste frise la frénésie et déclenche chez la section rythmique un climat sonore déchaîné. Un moment musical exaltant qui ravit les oreilles.
Avec le duo contrebasse/batterie, le piano ouvre Blue Skies, ce standard d’Irving Berlin composé en 1926 pour la comédie musicale Betsy. Swing singulier du trio avec dérapages, slaloms puis l’alto entre en piste. En trio avec les frères Moutin, elle déroule ses phrases sinueuses, ses notes rebondissent en zig-zags sans pour autant que la ligne mélodique ne disparaisse. Le morceau se termine en quartet. Un moment de bonheur absolu.
La musique se poursuit avec Honeysuckle Rose, la célèbre composition de Fats Waller que les quatre artistes revivifient avec humour. Le répertoire continue avec Softly As in A Morning Sunrise composé par Sigmund Romberg pour l’opérette The New Moon de 1928. Avec grande vitalité, le quartet régénère ce standard, nombreuses audaces harmoniques et rythmiques, voltiges de l’alto, décalage mélodique du piano.
En 2’30, The Hookup donne une version revigorée, tout en déphasage rythmique de Mean to Me, la composition de Fred E. Ahlert publiée en 1929. Irrésistible !
Après une introduction tout en délicatesse et en précision de l’alto vite rejoint par ses trois compères, la contrebasse ouvre l’espace au piano qui joue avec subtilité et limpidité la ligne mélodique de Manhattan, cette chanson populaire écrite par Richard Rodgers en 1925. Empreint d’une étrange allégresse, l’alto de Géraldine Laurent prend la suite. La saxophoniste développe un chorus dont la vitalité ne cesse de croître. Le morceau se termine diminuendo, tout en délicatesse.
C’est en duo que les frères Moutin interprètent Bye Bye Blackbird, la composition de Ray Henderson publiée en 1926. La contrebasse conte une histoire que ponctue la batterie. Louis stimule François qui lui répond avec aplomb et audace. Un dialogue symbiotique et plein d’humour.
Écrite en 1926 par George Gershwin pour la comédie musicale Oh, Kay !, Someone to Watch Over Me a été conçu à l’origine comme un morceau rythmé et rapide. Le quartet fait le choix de l’interpréter sur un tempo de ballade. Avec verve et lyrisme, l’alto expose la mélodie. Son jeu rond et onctueux est soutenu par le toucher cristallin du pianiste. La contrebasse à la sonorité chatoyante leur fait suite alors que les balais du batteur caressent peaux et cymbales. Ce challenge d’élégance et de finesse se poursuit jusqu’à la fin du morceau.
L’album se termine en mode modal avec Everybody Loves My Baby, ce standard populaire composé en 1924 par Spencer Williams. Le quartet adopte un parti pris résolument moderne pour interpréter ce titre. Avec générosité, l’alto développe un chorus enthousiaste. Géraldine Laurent joue dans un pur style hard bop. On peut apprécier son jeu sinueux, sa sonorité timbrée et son phrasé sulfureux. François Moutin lui répond et son chorus d’une vélocité confondante témoigne de sa parfaite maîtrise de l’instrument. Sans oublier de souligner la limpidité du piano de Noé Huchard qui joue avec les nuances. Le jeu de batterie de Louis Moutin rythme et souligne les interventions de ses partenaires et l’on pourrait parler de « batterie bien tempérée ». Six minutes de régal musical intégral.
Pour apprécier live « The Hookup » interpréter le répertoire de « Twenties », rendez-vous le 09 avril 2025 à 20h30 au New Morning à Paris, le 27 juin 2025 à 20h45 au Niort Jazz Festival et le 05 juillet 2025 au TSF Jazz Chantilly Festival.

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